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ette page présente le plan détaillé du Testament des Glaces. Résumé de la thèse qui sous-tend le livre :
Nous traversons un âge matérialiste et technocratique qui fait passer à l'arrière-plan le souci moral et ne s'intéresse plus à l'aventurier, sinon pour se divertir. Cet âge a rompu simultanément avec la nature et le sacré, a perdu le goût du risque, du beau et du lointain, et de fait, a entraîné le progrès dans une course insensée. L'attitude qui consiste à puiser dans les ressources naturelles sans se questionner, sans chercher à rendre d'une manière ou d'une autre à la Terre ce qui lui a été pris, est responsable de la fonte des glaces comme des atteintes majeures qui frappent tant l'humanité que le monde vivant.
Pour
sauver les glaces, car il faut sauver les glaces pour sauver nos vies,
nous n'avons plus d'autre choix que de changer d'ère. Ce changement
pourra s'opérer en revalorisant les œuvres du cœur et de l'esprit, et en
se lançant dans la grande aventure qui consiste à reconquérir le plus
profond de soi, à mobiliser l'être épris de beauté et de justice qui y sommeille.
L'ultime refuge Introduction L'introduction propose une rencontre de la banquise polaire « sur la route de son exil », puis fait le constat de l'incapacité des pouvoirs publics et des techniciens à enrayer le réchauffement global. Le fait est que pas plus l'homme politique que l'industriel ou que le scientifique ne se montrent capables de déjouer les crises qui se manifestent sous nos yeux, ni de concilier les exigences économiques avec l'impératif écologique.. Vient le constat d'un individu malmené par des attentes exclusivement axées sur la possession et les finances. Nié dans son intériorité, trompé dans son projet de civilisation par un matérialisme sans issue, l'individu est sommé de « changer ». Mais, prisonnier du système qui assure sa subsistance, il n'y parvient pas, et la glace ne fond que de plus belle... Les trois mots autour desquels s'organiseront les chapitres : esprit, nature, risque.
Lire l'extrait des pages 35-37 » dit le monstre. Le Pôle est pour lui l'ultime lieu de rédemption. - Rappel du processus qui a conduit l'homme à « vaincre le pôle » en 1909. S'agissait-il bien d'une victoire ? - Tandis que l'océan gelé disparaît, ce blanc plateau, presque une île, cette peau de glace hier encore si périlleuse à caresser, un autre continent se forme, plus au sud, entre le Japon et les côtes américaines... Un continent d'ordures ! - Constat de l'absence d'informations qui poussent à réagir à ce qui arrive. Rappel de notre héritage positiviste (Auguste Comte) que nous ferions bien de troquer contre la philosophie de l'élan vital (Henri Bergson) avant qu'il ne soit trop tard... Et que la banquise polaire ne cède définitivement sa place à nos poubelles.
L'idée : l'individu, seul face à lui-même et aux exigences qu'il se fixe, peut être amené à s'exiler pour mieux se connaître... Le contact étroit et prolongé avec la nature pose la question de la réintégration dans la société. Revenir, mais sous quelles conditions? Comment faire ressortir au sein de la société ce que nous avons ressenti en dehors? Qui peut aider, où est le héros ? Nicolas Hulot, de par sa prise de position courageuse et le caractère spiritualiste de ses réflexions, indique des pistes que nous pourrions suivre. Le p lan :- Evocation de l'état d'esprit dans lequel je me trouvais lorsque je me suis engagé seul dans une expédition en kayak de trois mois, au Spitzberg. - Considérations sur le sens du voyage lointain, sur la difficulté de réintégrer le monde, et sur l'aide que peuvent apporter certains auteurs susceptibles de servir d'exemples, tel Saint-Exupéry. - Qui a besoin de repères ou de modèles, constatera la disparition du héros, au profit de figures médiatiques - comme le footballeur - qui n'endossent aucune cause, et n'indiquent pas plus de voie à suivre qu'ils ne prennent de risques. - Cette état de fait est le symptôme d'une société despiritualisée. Pour Alexandre Soljenitsyne, c'est « la vacuité de l'âme ». - La vacuité de l'âme serait à l'origine de nos carences morales et des calamités qui en découlent. Comment donc, alors, remplir l'âme ? Et avec quoi ? - Nicolas Hulot, en homme de terrain, défend la nature et l'homme mais aussi, comme en témoignent nombre de ses propos, « l'âme ». - De « brasseur de mots », Hulot est devenu « porteur de parole », apparaissant non pas comme un leader politique, mais comme le souverain d'un domaine moral. Domaine habituellement abandonné aux friches... - Saint-Exupéry et Hulot ont en commun de se sentir viscéralement liés à la nature, au monde et aux autres. C'est la puissance de ce lien, et la violence de la blessure qui lui est faite, qui les pousse à se distinguer et à prendre la parole. - L'un et l'autre ont également en commun l'aventure, qui est l'expérience de soi face à la réalité du monde. Le départ pour l'aventure apparaît la plus sûre façon d'activer, tout en les harmonisant, les dimensions physiques et métaphysiques qui font l'homme.
L'idée : le voyage lointain va souvent de pair avec le recherche de communautés peu concernées par la mondialisation. L'on aimerait rencontrer des hommes vivant en harmonie avec la nature, reliés au Mystère. La marche du progrès coïncide avec le déclin du spirituel. La proximité de la nature enseignait le respect, car elle distille le sens du sacré. Le monde semble s'autodétruire car il ne met pas de limite à sa prédation: il méprise le sacré, ce lien qui liait l'homme à ce qu'il ne pouvait saisir, et l'obligeait à limiter son emprise sur ce qui l'entoure.
Le plan : - Le sentiment de lien avec la nature et le sacré est tellement détruit que l'on en arrive à cultiver des céréales dans le seul but de les brûler dans des carburateurs. Le blé, comme le pain, était pourtant de tous les aliments le plus sacré. Comment s'étonner, alors, des « émeutes de la faim »? - Tel Prométhée, nous avons transgressé les lois pour jouer avec le feu... Le pétrole est devenu une drogue dure. Nous développons les plus grossiers mensonges pour nous disculper: il en est ainsi de l'éolien sensé produire de l'électricité « propre », alors qu'il contraint, faute au manque de régularité du vent, à brûler plus d'hydrocarbures que jamais. - Aucune alternative n'apporte de réponse convaincante. Nous sommes les enfants d'une ère pétrolifère dont on connaît les horreurs, et ne réagissons pas en conséquence. Que faire, sinon nous préparer au pire?
Lire l'extrait des pages 108-109 L'idée : participer à un raid dans l'Arctique apprend à vivre avec le strict minimum, dans des conditions parfois difficiles. Ce type d'expérience a pour effet de révéler au grand jour des énergies habituellement enfouies. Ces énergies pourraient nous être d'un grand secours si, comme le laisse présager le cours du monde, nous devions nous retrouver dans une situation de survie.
Le plan :
Lire l'extrait des pages 136-137 ce qu'il a de plus en plus de mal à ouvrir des routes, l'aventurier moderne se rassure en suivant les traces de ses prédécesseurs... Octave Pavy, héros oublié, est mort dans des circonstances obscures en 1884, dans le haut Arctique canadien. Le parcours de cet homme est représentatif de ce que la volonté peut accomplir dès lors qu'elle s'affranchit de la peur. Le p lan :- Circonstances qui m'ont amenées à m'intéresser à Octave Pavy. Récit de sa vie originale et tumultueuse. - En 1999, Émeric Fisset et moi tentons, au moyen du kayak de mer, de gagner le rivage particulièrement reculé où son corps a disparu, en terre d'Ellesmere. L'expédition Greely. - La place de l'aventure aujourd'hui. Reléguée à un loisir, l'aventure fut pourtant le défi fondateur de l'homme, l'élan qui l'a poussé à la découverte du monde. - Hors les périodes de conflit qui la fait brusquement ressurgir, l'aventure ne sert plus à rien... Sinon à divertir passagèrement les sédentaires. L'aventurier lui-même n'a plus conscience de son rôle de fer de lance de la civilisation. - La banquise polaire épaisse, telle que j'ai pu l'observer, est en passe de disparaître... Cette banquise a intrigué Jules Verne qui pensait, vers 1860, à l'instar de la majorité de ses contemporains, que l'océan Glacial Arctique était navigable. - En se donnant pour objectif le pôle Nord et sa puissante carapace glacée, Octave Pavy a tenté l'aventure suprême. Mais le monde s'est montré indifférent à son sort, comme il l'est à présent au sort des glaces. - Henri Bergson, avec sa théorie de l'élan vital, se propose d'expliquer le mystère qui entoure les individus qui se détachent en visant de grandes choses. Il s'agit, pour ces individus, tels le docteur Pavy, de rompre avec les systèmes pour conquérir la plus haute liberté possible. - Il manque à notre monde ce « supplément d'âme » qui le déciderait à s'affranchir de ses propres systèmes. C'est pourtant bien ce « supplément d'âme » que convoite le voyageur et le pousse à prendre des risques. Il est en quête. - L'aventurier moderne a imparfaitement pris conscience de sa mission, qui est de prendre la défense de la nature si dramatiquement amoindrie. Cette cause donne à son action tout son sens .
L'idée : les scientifiques redoublent d'activité pour mesurer le retrait des glaces, mais sont impuissants à l'enrayer. Le projet de construction de la base de recherche conduit par Alain Hubert répond moins à une urgence scientifique qu'à un désir de vivre une aventure. L'aventure présentée comme accessoire permet en vérité l'expression de notre plus profonde humanité. C'est ce qu'avait compris la société courtoise du XIIe siècle, et qu'il devient urgent de redécouvrir.Le p lan :- La station antarctique « zéro émission de carbone,» imaginée par Alain Hubert porte le nom d'une petite fille âgée de 6 ans, la princesse Elisabeth de Belgique. - Récit de la navigation à bord d'un brise-glace en direction du continent blanc. - L'iceberg fascine, comme s'il reflétait une part de notre propre mystère. - Déchargement des cales du navire sur l'icefield. L'orgueil des nations justifie souvent, plus que la science, de tels chantiers. Les carottages profonds ont permis de prouver la lourde responsabilité humaine dans le réchauffement climatique. Que retirer d'essentiel de telles opérations, à présent ? - L'argument scientifique n'est généralement qu'un prétexte. La véritable quête est plus secrète, plus difficile à cerner. Il faut remonter au XIIe siècle pour trouver des auteurs qui font de cette quête intérieure le centre de leurs préoccupations. - Rappel du contexte historique qui prévalut à l'émergence de la chevalerie : la chute de l'Empire romain, suivi d'une période de confusion, obligea les individus à s'affirmer et à reprendre en main leur destin. Des circonstances historiques similaires pourraient se reproduire, à la faveur de la fin de l'ère du pétrole. - Pour le chevalier, il est question de s'exposer afin de se perfectionner et d'être mieux apte à servir le monde. L'aventure que le chevalier convoite est sa vertu suprême. - L'œuvre de Chrétien de Troyes éclaire sur le sens de la vie chevaleresque, sur l'effort que tout homme doit exiger de lui-même pour exister pleinement. - Les menaces multiples qui pèsent actuellement sur le monde devrait nous inciter, à l'instar des Anciens, à viser le plus grand que soi. La prise de risque apparaît comme la seule parade susceptible de contrer la logique funeste à laquelle notre passivité contribue. - L'aventure a longtemps été le fer de lance de la civilisation. Elle doit le redevenir. - Plus aucun endroit sur Terre n'est épargné: rappel des principales modifications qui affectent l'Antarctique. La rapidité de la fonte dépasse les prévisions. - L'acidification des océans - L'obscurcissement planétaire, "seconde mâchoire du piège climatique" - Fragilité du traité de l'Antarctique - Ce que représente Alain Hubert en tant qu'aventurier. Conclusion du chapitre. Lire l'extrait des pages 202-203 onclusion de l'essai par un rappel de la tradition spirituelle animiste et chrétienne, toutes deux associant le siège du mal au sous-sol et celui du bien au ciel. - Le regard que les écrivains ont porté sur le Pôle puis les débuts de la littérature jusqu'à aujourd'hui. Constat de la rupture avec l'approche poétique traditionnelle. - Impuissance de la science, laquelle ne fait que nous présenter le constat d'une réalité amère. - Que pouvons-nous faire ? Répondre à cette question quand elle sort de la bouche d'un enfant.
La glace se livre... Texte à la première personne. Ecoutez ce texte lu par Priscilla Telmon (vidéo) Haut de page
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